Comment tu es tombé dans le basket et qu’est-ce qui t’a donné envie de coacher ?
Moi, à la base, je viens d’une famille franco-portugaise où les sports dominants, c’était surtout le foot et le tennis de table. Mon père a fait plus de 16 ans de tennis de table, et quasiment tout mon entourage faisait du foot. Donc, le basket, ce n’était vraiment pas une évidence au départ.
Je m’y suis intéressé assez tard, vers 2016, mais c’est surtout pendant le Covid que je me suis vraiment plongé dedans. En parallèle, j’ai toujours été attiré par le coaching. J’ai joué au foot pendant plus de 10 ans et j’ai commencé à encadrer très jeune, dès 14-15 ans, des U7, des U9… Le fait de transmettre, de guider un groupe, c’est quelque chose qui m’a toujours passionné.
Alors, quand je me suis mis au basket, le coaching a été une suite assez naturelle. C’était une autre manière de vivre ce sport, et c’est ce qui me parlait le plus.
C’est quoi ton truc à toi quand tu entraînes ? Ta petite recette secrète ?
Je n’ai pas de recette miracle, mais s’il y a un truc que je cherche en permanence, c’est l’équilibre entre l’exigence et le plaisir. Je veux que mes joueuses soient dans un cadre clair, structuré, mais aussi qu’elles aient envie de s’exprimer, de prendre du plaisir.
Je passe beaucoup par le dialogue. J’essaie de les responsabiliser, de leur faire comprendre le « pourquoi du comment ». Et souvent, quand elles comprennent ça, elles s’impliquent naturellement dans la dynamique du groupe.
Raconte nous ton meilleur souvenir de coach.
Je n’ai pas un souvenir
unique qui sort du lot, mais plusieurs moments très forts.
Il y a le Festi’Basket, que j’ai vécu cette année avec le comité, en sélection U12 filles. Une expérience très enrichissante, avec plein de bons souvenirs.
Je pense aussi à la finale de la Coupe du Loir-et-Cher, remportée par l’équipe U13-1 cette saison, où j’étais assistant coach toute l’année. C’était une super aventure collective.
Et puis, il y a le dernier match de la saison, contre l’équipe U13F-1 de l’ADA, toujours en Coupe. Le dernier match, c’est toujours un moment un peu à part… Tu sais ce que tu quittes, mais pas encore ce que tu vas construire ensuite.
Entre nous, c’est quoi le plus gros challenge quand on coach des jeunes ?
Pour moi, le plus gros défi, c’est de réussir à jongler avec toutes les différences : les envies, la maturité, le rythme, le niveau physique ou technique… Chaque enfant est à un moment différent de sa vie, et il faut s’adapter en permanence à ces évolutions.
Le but, c’est de construire une dynamique de groupe, malgré toutes ces différences. C’est pas évident, mais justement, c’est très formateur. Tu dois t’adapter tout le temps, progresser avec eux, et c’est ce qui rend le truc passionnant.
Les parents… on en parle ? Comment tu gères cette partie là ?
Les parents, c’est indispensable. Ce sont eux qui accompagnent, qui soutiennent, qui veulent évidemment le meilleur pour leur enfant – mais aussi pour le groupe de leur enfant.
Après, chacun doit rester à sa place. Mon rôle, c’est le cadre sportif. Avec les parents, j’essaie d’avoir un dialogue constructif, tout en posant les limites clairement. Et en général, quand le cadre est bien posé dès le début, il n’y a pas de souci particulier.
Si tu avais une baguette magique, tu changerais quoi dans le club ?
Franchement, aujourd’hui, on a déjà une belle base. Mais si j’avais une baguette magique, je renforcerais ce qu’on fait déjà de bien, pour le faire encore un peu mieux.
Je mettrais par exemple en place plus de liens entre les équipes et les catégories : faire en sorte que les U11, U13 et U15 filles jouent sur le même week-end, dans le même gymnase, quand c’est possible. Créer ce lien entre les générations, entre les secteurs féminin et masculin, c’est ce qui fait qu’un club respire comme un tout. Et quand ça se ressent, à l’intérieur comme à l’extérieur, c’est hyper positif.
Qu’est-ce qui fait que tu continues à donner de ton temps chaque semaine ?
Il y a plusieurs raisons. Déjà, entraîner, encadrer, c’est un vrai moteur. Voir tes joueuses progresser, s’entraider, se dépasser, c’est une récompense en soi.
Mais au-delà du basket, tu sais que tu participes à leur construction, pas seulement technique ou physique, mais aussi mentale, humaine. Et ça, c’est quelque chose dont on peut vraiment être fier.
Ton message pour convaincre quelqu’un de nous rejoindre comme coach ?
Je dirais qu’il n’y a pas besoin d’être un expert pour se lancer. Ce qu’il faut, c’est de l’envie : l’envie d’apprendre, de développer des compétences, de partager des émotions, des moments, avec les joueurs, les autres coachs, les bénévoles, les parents…
Il faut aussi une grande capacité d’écoute. Et le reste, tu l’apprends, que ce soit sur le terrain ou au contact des autres coachs, dans le club ou ailleurs.
Et à partir du moment où tu t’investis avec sincérité, tout ce que tu donnes… tu le reçois au centuple.






